A PROPOS

Entremêlant photos et textes, Virginie Marielle conjugue un travail artistique sur un mode très personnel. Echappant à tout formatage d’école ou de style, elle trace le sillon d’une écriture photographie à double point de vue. Discrète derrière l’objectif – étant plus à l’aise dans la position d’observatrice que d’actrice – elle se rattrape avec la plume qu’elle fait vive, alerte, affutée, parfois même piquante, notamment dans les textes de Ma réalité augmentée, son blog de chroniques quasi quotidiennes. Ce mélange de ton direct et réservé est surtout perceptible dans la réalisation de photos effectuées sur le chantier d’une exposition, les répétitions d’un spectacle ou les coulisses d’un défilé. Elle y donne à voir la création en train de se faire et des instants saisis dans l’intimité d’un sujet. Virginie Marielle dit qu’enfant elle craignait de devenir amnésique. Elle a donc trouvé des moyens pour ne pas oublier. Aussi a-t-elle commencé très tôt à établir des listes de dates, de faits récurrents, à garder soigneusement rangés des choses de son quotidien, du genre tickets de cinéma. C’est aux Beaux-Arts que germe l’idée d’en faire une proposition artistique. Ses œuvres répondent sûrement à une nécessité de retenir le temps mais moins pour faire acte de mémoire que pour parler de ce qui se passe sur le moment. On lui sait gré de nous livrer une vision sur le vif de la réalité, vision qui exprime une pensée contemporaine d’auteur et de photographe, en continu

Virginie Marielle vit à Barcelone et travaille partout où il le faut.

Texte de Marie Gayet

MANIFESTO

Je pose mes mots et mon regard là où personne ne s’attarde. Je traque les traces du réel dans le banal et le futile des coulisses de la création. Tant qu’il est vivant, je scrute, j’écoute, je sens et je chronique le parcours chaotique du travail artistique en cours. Quand il est finalement dépouillé de sa spontanéité pour être placé dans son écrin, je laisse le projet aux yeux du public pour lequel il a été si longuement préparé.

TRAJECTOIRE

Toujours tendue vers la nécessité absolue et primordiale de vivre libre, ma valeur numéro une, c’est la croissance.

Ma trajectoire de vie a donc été influencée par le besoin impétueux d’apprendre, tous les jours. Et de m’en souvenir.

J’ai tout d’abord fait plein de sortes d’études. Une école d’art dans ma ville de naissance, un campus à San Francisco, l’Université en province et à Paris, un 3è cycle dans une grande école de commerce parisienne. J’avais soif d’apprendre mais, surtout, de rencontrer tous les artistes que j’aimais avant qu’ils ne meurent. Heureusement, 20 ans plus tard, ils sont quasiment tous vivants.

J’ai donc travaillé avec Pierre Huyghe, Annette Messager, Thomas Hirshorn, Jochen Gerz, Muntadas, Scanner, Tony Oursler, Mike Kelley, Xavier Veilhan… Et comme je ne savais pas quoi faire comme métier, à part celui d’artiste, j’ai été régisseuse, scripte ou assistante réalisatrice sur des tournages de films d’artistes, de publicité, des courts-métrage. J’ai fait de la production au Centre Pompidou, à la galerie Perrotin, chez AIA devenue Arter. J’ai même travaillé à la direction des ressources humaines chez Ernst & Young (quand c’était encore Arthur Andersen), été serveuse dans une boulangerie et nurse chez des vicomtesses. J’avais soif d’apprendre de ces métiers, de ces gens, de ces endroits dans le monde et de ces artistes bien sûr, toujours.

Après avoir aidé à la production de l’expédition de Pierre Huyghe en Antarctique (A journey that wasn’t) et fait faire le tour du monde d’une exposition de Xavier Veilhan pour une marque de luxe, j’ai décidé, en 2006, de gouter à l’indépendance avec mon propre numéro Siret.

J’ai décidé de continuer d’apprendre. De poser des questions aux gens. Et comme j’aime le « en train de se faire », je suis allée sur des chantiers. Paris-Plage et  quelques expositions de la ville de Paris. En 2009 J’ai proposé à Xavier Veilhan de le suivre durant toute la préparation de son exposition au château de Versailles. Depuis son atelier autour de la table à réfléchir jusqu’à l’installation des œuvres à Versailles, j’ai photographié, écrit, tracé, ressenti et pendant tout ce temps-là, je n’ai rien dit. Puis j’ai continué les coulisses, les voyages, les carnets, les photos, les textes. J’écris donc je suis. Aussi pour ne pas oublier. J’ai alors raconté l’histoire des projets de l’agence AIA-APC devenue Arter.

Parfois également, je travaillais dans les médias : à la distribution de programmes Sony (films, téléfilms, séries…) à la télé chez Sony Pictures Television.

Aujourd’hui, je développe des projets encore plus personnels.

Toujours mêlant ma curiosité à la photo et l’écriture afin d’apprendre, de montrer et diriger de la lumière vers ce qu’on ne voit jamais.

La seule différence avec hier c’est que maintenant, mon quotidien se déroule à Barcelone.

Votre mini-guide offert

Je vais vous expliquer pourquoi et comment
publier votre livre sans écrire une ligne

Vos donnes sont en sécurité.